Souvenir d'une soirée à Perpignan

Concert du 31 août 2023
à l'église St. Jacques de Perpignan

Trio De Fossa

  • Raphaëlle Rubio, violon

  • François Ragot, violoncelle

  • Gabriel Natilla, guitare romantique

Sonorité raffinée, maîtrise instrumentale et justesse absolue sont les termes appropriés pour définir les musiciens du Trio De Fossa qui nous ont ravis jeudi dernier à l'église Saint-Jacques, dans un programme assez rare, composé d'oeuvres de François de Fossa (1775-1849), Mauro Giuliani (1781-1829) et Nicolo Paganini (1782-1840), où la guitare y figure comme protagoniste.

Il est à regretter néanmoins que celle-ci ne fut pas pourvue d'une plus grande projection sonore (soucis de tout temps des guitaristes!), vis à vis des instruments à archet. Signalons au passage que ceci n'enlève rien au jeu irréprochable de Gabriel Natilla, qui fut trés à l'aise sur son instrument, tout au long du concert. Il n'est pas rare en face de pareils situations, de considerer l'ajout d'une discrète amplification, ce qui permettrai de résoudre le problème de l'équilibre entre partenaires.

Le trio op. 18 nº2 en sol majeur de François De Fossa, compositeur mis à l’honneur au programme, fut peut-être le plus réussi, dont le style et le caractère évoquent ici et là les quatuors de jeunesse de Haydn (op. 9, 17) et ceux de Boccherini (op. 58), que De Fossa a dû connaître. Nous avons particulierement apprécié la sonorité dolce, au vibrato controlé et discret de Raphaëlle Rubio dans le mouvement lent (adagio), le tempo strict et les traits aiguës du violoncelle de François Ragot ainsi que les dialogues échangés à la guitare 'concertante' de Gabriel Natilla.

L'oeuvre de Paganini, jouée depuis longtemps est sans doute plus connue. Le compositeur de Gênes a en effet enrichi le répertoire de façon considérable: solos, duos avec violon, trios divers dont le sublime Terzetto Concertante pour alto, guitare et violoncelle, sans oublier les quinze quatuors pour violon, alto, violoncelle et guitare dont certains sont excellents. Le trio en ré majeur fut composé le 4 août 1833 dont le manuscrit autographe se trouve à Rome (Biblioteca Casanatense, ms. 5631).

La sérénade de Giuliani fut aussi trés agréable, en dépit d'un certain manque de clarté dans la cadence de guitare au dernier mouvement (alla Polacca). Rappelons que le corpus de musique de chambre avec guitare est immense, allant du duo au septuor instrumental, dont une infime partie uniquement est jouée de nos jours. À un moment ou nous assistons à un certain renouveau de la guitare romantique en France, l'apport du Trio De Fossa semble, sans conteste du plus grand interêt.

Enfin, nous esperons que l'association Les Amis de François De Fossa ouvrira encore davantage ses portes aux jeunes talents et aux professionels reconnus, tant français qu'étrangers, pour le plus grand profit de tous, à la mémoire de ce compositeur de guitare hors pair, dont l'oeuvre mérite d'être mieux connue et davantage et davantage jouée en France et en dehoers de l'hexagone.

Mário Carreira,
à Porto,
le 3 septembre 2023

Précédent
Précédent

F. de Fossa et le Prince-Évêque de Hohenlohe

Suivant
Suivant

Matanya Ophee (1932-2017) : une vie pour la musique de guitare