F. de Fossa et le Prince-Évêque de Hohenlohe
Extraits du livre « François de Fossa – Variations en Clair-Obscur » de Nicole Yrle (avec sa permission).
p.228 [1822]
[François de Fossa] arrive [...] à prendre le temps de remuer ciel et terre pour toucher le Prince-Évêque autrichien de Hohenlohe, qui, par ses seules prières, réalise des miracles. En temps ordinaire, peut-être François aurait-il été sceptique, mais puisque ni la médecine officielle ni les guérisseurs ne peuvent arrêter l’inexorable progression de la maladie, il ne reste plus qu’à recourir au secours ultime de la foi.
Or, ce Prince, cet homme providentiel, ce saint est quasi inaccessible. François multiplie les initiatives pour le joindre, se déplaçant à plusieurs reprises de l’autre côté de la frontière pour que ses messages en forme de suppliques aient de meilleures chances d’atteindre leur destinataire.
p.243 [1822]
Un immense espoir s’est emparé de lui quand il a su que la première messe célébrée à son intention, le 3 octobre à huit heures précises, par le Prince-Évêque de Hohenlohe, a produit des effets extraordinaires sur l’état de santé de la malade. Dès le lendemain, son filleul l’en a informé, empressé à transmettre la bonne nouvelle. François donnerait beaucoup pour savoir si la suivante, prévue le 6, a confirmé l’amélioration et si les prières du 15 ont apporté une complète guérison ; il veut y croire, il a choisi cette dernière date parce que ce jour-là on fête la Sainte Thérèse. Sa confiance dans le prince est totale, ses miracles font grand bruit en France comme en Allemagne. La jeune princesse Mathilde de Schwartzenberg, paralysée depuis huit ans, a pu se lever et marcher ! On raconte qu’il rend la parole à des muets, la lumière à des aveugles !
Dans le courant du mois de juillet, se faisant toujours plus pressant, le capitaine a envoyé lettre sur lettre à celui qu’il appelle « l’apôtre du siècle » afin qu’il consente à implorer Dieu en faveur de Thérèse. Pour être plus sûr de l’atteindre, jonglant avec son emploi du temps chargé, il a plusieurs fois franchi le Rhin pour poster à Kehl ses missives affranchies, et y recueillir la réponse, du moins l’a-t-il espéré.
Les semaines ont passé sans résultat. Thérèse se désolait, François aussi, écrivant encore et encore au prince guérisseur.
En août, un inspecteur général des armées, annoncé depuis plusieurs jours, est venu à Strasbourg et un heureux hasard a fait qu’il s’agissait du comte de Hohenlohe, frère du Prince-Évêque. Dans son appréciation sur le capitaine de Fossa, il n’a pas tari d’éloges et François a osé lui demander une lettre pour appuyer sa demande au saint homme.
La réponse positive a fini par arriver à la mi-septembre. François était fou de joie et d’espoir, malgré ses soucis.
→ Thérèse mourra en janvier 1823.
Nicole YRLE